“Science et décroissance?, Ottawa, Canada, 15-16 mai
Posted Wednesday 8 April 2009
SYMPOSIUM “Science et décroissance”, Congrès de l’Association francophone pour le savoir, Ottawa, 15-16 mai organisé par Hervé PHILIPPE Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive Département de Biochimie - Université de Montréal
Fiche rédigée par l’organisateur:
7) Veuillez décrire brièvement le sujet de votre activité (Max. 2000 caractères, espaces comprises).
La recherche scientifique est souvent considérée comme une source d’innovations primordiales à la croissance économique. Elle est aussi présentée comme la meilleure solution aux graves problèmes environnementaux et aux limitations des ressources, en particulier énergétiques. Cependant, l’’histoire montre que la combinaison croissance économique et progrès scientifique a conduit à une dégradation de l’environnement et à un épuisement plus rapide des ressources. La science elle-même illustre parfaitement ce problème. Schématiquement, de plus en plus de données (observations) sont analysées avec des modèles de plus en plus complexes. Les ressources nécessaires à la recherche ne sont plus du tout négligeables (par exemple, le dernier accélérateur de particules requiert autant d’électricité que 500000 Genevois). Le but de cette activité est de discuter de l’’idée que la nécessaire décroissance des impacts des activités humaines se fera surtout par la décroissance économique, et peut-être aussi scientifique. Plusieurs questions seront abordées. Que peuvent apporter les progrès scientifiques et techniques, et ainsi quelle devra être l’’ampleur de la décroissance économique ? D’’un point de vue philosophique, comment concilier décroissance et progrès ? D’’un point de vue sociologique, comment pourra-t-on sortir du dogme de la croissance économique ? D’’un point de vue scientifique, est-il possible de réduire l’utilisation des ressources tout en continuant à améliorer notre savoir ? Ou faudra-t-il fixer des limites à la quête du savoir elle-même. Finalement, il faudra discuter de la pertinence pour l’’humanité de disposer d’un savoir si cyclopéen qu’il est impossible de le maîtriser, à tout le moins au niveau individuel. Ne commet-on pas plus d’erreurs qu’’autrefois parce que les individus ne maîtrisent plus qu’une infime portion du savoir et sont ignorants de la presque totalité du savoir ? En d’autres termes, ne faudrait-il pas envisager une décroissance du savoir lui-même pour permettre aux humains de le connaître et d’en faire un bon usage ?
8) Quel est l’apport de l’activité aux réflexions sur les grands enjeux de la science et de la recherche d’aujourd’hui ? (Réflexion sur la valorisation de la recherche et du rôle du chercheur, activité sur la relève, activité de liaison et de transfert, etc.) (Max. 2000 caractères, espaces comprises)
Envisager la décroissance est une remise en cause fondamentale des sociétés occidentales, et en particulier de la recherche scientifique. Cela a donc des implications sur tous les grands enjeux actuels (financement de la recherche, relève, enseignement, valorisation, etc.). Il ne sera donc pas possible d’aborder tous les aspects, mais on se focalisera sur quatre aspects : (1) L’’idée de croissance infinie est couramment associée avec l’’économie, où elle est à juste titre critiquée depuis longtemps. Mais historiquement la notion de croissance infinie du savoir l’’a précédé, et lui a probablement ouvert la voie. Les chercheurs ne sont-ils donc pas les mieux placés pour reconsidérer les bases historiques et philosophiques de la croissance et poser celles de la décroissance ? (2) La pratique scientifique demandant naturellement de plus en plus de ressources, il est encouragé de faire du « lobbying » auprès des gouvernements pour obtenir plus de crédits. Si, à l’’inverse, on envisage une décroissance des financements, comment faudrait-il réorganiser la recherche ? Favoriser la recherche bibliographique et théorique ? Limiter les domaines de recherche abordées ? (3) Les innovations technologiques, nécessaires à la croissance économique, impliquent le changement rapide et total de la plupart des objets techniques. Or, même si à performance égale les nouveaux objets sont moins polluants, ils sont en général plus nombreux et plus puissants ce qui implique une importante augmentation des nuisances (plus de déchets, plus d’’énergie grise et plus de consommation), comme l’’illustre très bien l’’informatique. L’’innovation n’’est-elle donc pas la source de la dégradation de l’’environnement, plutôt que la solution ? (4) Dans un contexte de décroissance de l’’économie, mais peut-être aussi du savoir, comment faut-il préparer la relève ? La formation par la recherche est-elle toujours la plus pertinente ? La relève doit-elle toujours être plus nombreuse ? Doit-elle rester ultra-spécialisée, ou au contraire tendre à revenir à la tradition de l’’«honnête homme» ?
9) Veuillez décrire la forme que prendra votre activité (nombre de présentations, conférences plénières, table ronde, ateliers, durée de l’activité, etc.) (Max. 500 caractères, espaces comprises)
L’’activité durera une journée. La matinée sera consacrée à des conférences plénières qui permettront de mettre en place les concepts importants (Pourquoi la décroissance ? Quel rapport entre science et décroissance ? Histoire et philosophie de la (dé)croissance ? Quelles limites physiques ?). L’’emphase sera mise sur la Biologie, un domaine où les progrès technologiques ont récemment bouleversé la recherche et ont permis de nombreuses avancées, mais demandent de plus en plus de ressources. L’’après-midi sera consacré à une table ronde avec les intervenants du matin, mais avec une forte implication du public.
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